Robert Doisneau : la plus grande rétrospective depuis 20 ans au musée Maillol
Robert Doisneau

Le musée Maillol consacre, du 17 avril au 12 octobre 2025, une exposition d’envergure au célèbre photographe humaniste Robert Doisneau. Une plongée rare et intime dans une œuvre qui va bien au-delà des clichés iconiques.

Un regard tendre et lucide sur la société

Cinquante ans de carrière, 450 000 images, et une attention inépuisable à la vie quotidienne : c’est cette trajectoire que l’exposition Instants donnés tente de restituer. Pour la première fois depuis deux décennies, plus de 350 tirages sont réunis, sélectionnés par ses filles Annette Doisneau et Francine Deroudille, avec la commissaire Isabelle Benoit, parmi les archives de l’Atelier Robert Doisneau. On y retrouve les images emblématiques d’enfants des rues, de bistrots parisiens et de scènes de rue pleines de poésie, mais aussi des séries peu connues, voire inédites.

Le parcours, organisé de manière chronologique et thématique, met en lumière un regard profondément humaniste, parfois grave, souvent drôle. Une section intitulée “gravité” donne à voir les bas-fonds de la société française des années 1940 et 1950, entre misère, prostitution et solitude urbaine. “Il y a des jours où voir est en soi un bonheur”, aimait dire Robert Doisneau. Ses photographies, même les plus sombres, témoignent toujours d’une tendresse amusée, jamais condescendante.

Une œuvre plus vaste qu’on ne le croit

L’exposition dévoile aussi d’autres pans méconnus de son œuvre : collages, expérimentations surréalistes, commandes publicitaires, ou encore reportages pour Vogue où il travailla plusieurs années. On y découvre l’artiste au contact d’autres créateurs — Prévert, Giacometti, Niki de Saint Phalle, Picasso — et des figures ordinaires de la banlieue ou des quartiers populaires. Certaines séries en couleurs, réalisées plus tardivement, contrastent avec ses débuts en noir et blanc. “S’il devait recommencer, il referait tout en couleurs”, disait-il à la fin de sa vie.

Le musée Maillol révèle ici un Robert Doisneau bien au-delà de ses images les plus célèbres, comme Le Baiser de l’Hôtel de Ville. Ce sont des fragments d’une France en mutation, où l’humain est toujours au cœur. Une exposition précieuse, sensible, à découvrir jusqu’au 12 octobre.

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