Le musée national libyen, connu sous le nom d’As-Saraya Al-Hamra ou Château Rouge, a rouvert ses portes à Tripoli, offrant au public l’accès à des trésors historiques restés inaccessibles depuis près de quatorze ans. L’établissement, le plus grand du pays, avait fermé en 2011 lors du soulèvement qui a renversé Mouammar Kadhafi.
La réouverture intervient après une vaste campagne de rénovation lancée en 2023 par le gouvernement d’union nationale. Les autorités présentent cet événement comme un symbole de reconstruction institutionnelle dans un pays marqué par de longues années d’instabilité politique.
Lors de la cérémonie, le Premier ministre Abdulhamid al-Dbiebah a souligné la dimension culturelle et politique de cette réouverture. Il a affirmé que ce retour du musée constitue une étape importante pour la préservation du patrimoine libyen et pour le renforcement de la vie publique.
Construit dans les années 1980, le musée offre plus de 10 000 m² d’exposition comprenant mosaïques, peintures murales, sculptures, pièces de monnaie et artefacts couvrant les périodes préhistorique, grecque, romaine et islamique. Parmi les pièces les plus remarquables figurent des momies anciennes provenant des sites d’Uan Muhuggiag dans le sud du pays et de Jaghbub près de la frontière égyptienne.
Selon la direction du musée, une phase d’accueil prioritaire est prévue pour les écoles avant l’ouverture générale au public prévue en début d’année prochaine. Les autorités archéologiques ont également indiqué avoir récupéré 21 objets qui avaient quitté illégalement la Libye après 2011, restitués notamment par la France, la Suisse et les États-Unis.