Le 4 octobre 2025, la Maison des Mondes Africains (MansA) a ouvert ses portes dans le 10e arrondissement de Paris. Ce nouveau lieu culturel temporaire, dédié aux cultures africaines et afro-diasporiques, s’installe pour deux ans dans un ancien atelier de couture. L’exposition Noires, de l’artiste Roxane Mbanga, marque le coup d’envoi de cette aventure, avec un accès gratuit mais sur réservation.
Un projet attendu après des années d’incertitudes
Imaginée en 2021 dans le cadre du Sommet Afrique-France, sur proposition de l’historien Achille Mbembe, la création de MansA visait à renforcer les liens culturels entre la France et les mondes africains. Le projet, soutenu par les ministères de la Culture et des Affaires étrangères, a connu plusieurs rebondissements avant de trouver son emplacement actuel, rue Taylor, dans un bâtiment de 800 m² sur trois niveaux.
Avant cette ouverture, plusieurs lieux avaient été envisagés — notamment la Monnaie de Paris et les anciens locaux de la Fondation Cartier —, mais aucune option n’avait abouti en raison de résistances internes ou de conflits d’usage. Le choix du 10e arrondissement s’est finalement imposé comme une solution temporaire mais prometteuse, dans un quartier dynamique sur le plan artistique.
MansA se veut un centre culturel pluridisciplinaire et accessible à tous, où se mêleront expositions, débats, projections, concerts, ateliers, résidences et incubateurs. L’État prévoit de lui attribuer un site permanent d’ici 2027. En attendant, la structure s’intègre dans l’écosystème local, non loin du canal Saint-Martin et du centre d’art Le Transfo.
Une première exposition immersive et personnelle
L’exposition inaugurale Noires a été confiée à Roxane Mbanga, une artiste franco-camerouno-guadeloupéenne de 29 ans. Présentée jusqu’au 26 octobre, elle transforme l’espace d’exposition en un environnement domestique, à la fois intime et généreux. À travers textiles, vidéos, objets personnels et photos de famille, l’artiste compose un lieu d’accueil pour les publics qui se reconnaissent dans ces histoires et ces esthétiques.
Le parcours comprend des papiers peints colorés, des portraits de femmes de sa famille, des jeux traditionnels, ainsi qu’un atelier où l’artiste a travaillé en résidence avant l’ouverture. L’ensemble évoque une maison-rêve, pensée pour accueillir les mémoires invisibilisées tout en créant un lieu de partage et de découverte.
La programmation de MansA s’annonce dense et éclectique : un ciné-club avec des films rares et engagés, des cycles de concerts autour des musiques africaines et afro-descendantes (highlife, soukouss, makossa, raï, musiques caribéennes…), des “veillées sonores” participatives, ou encore des collaborations avec le Centre Pompidou pour la restauration d’archives audiovisuelles.
Un incubateur culturel, baptisé MansA Lab, accompagnera par ailleurs douze jeunes créateurs ou entrepreneurs dans les domaines du design, des médias, des arts ou de la mode, à partir de novembre 2025. Le centre prévoit également de lancer un magazine avec une ligne éditoriale internationale, et des programmes de médiation à destination des publics jeunes.
Pensée comme un espace de circulation entre les disciplines et les territoires, la Maison des Mondes Africains entend devenir un acteur clé du paysage culturel parisien, en valorisant les créations contemporaines issues des mondes africains et de leurs diasporas.