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Nouvelle-Calédonie : 67 % des Français favorables à l’indépendance, mais un sondage révèle une forte hésitation

Nouvelle-Calédonie : 67 % des Français favorables à l’indépendance, mais un sondage révèle une forte hésitation
Nouvelle-Calédonie : 67 % des Français favorables à l’indépendance, mais un sondage révèle une forte hésitation

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie s’invite dans le débat politique national. Selon une enquête de l’Ifop, 67 % des Français de l’Hexagone interrogés se déclarent favorables à l’indépendance du territoire. Un résultat qui traverse les sensibilités politiques, de La France insoumise au Rassemblement national. Mais une autre question du même sondage révèle une réalité plus nuancée : 38 % des personnes interrogées préfèrent ne pas se prononcer sur le processus de décolonisation.

L’avenir de la Nouvelle-Calédonie continue de diviser la classe politique française, mais les résultats d’une récente enquête d’opinion pourraient modifier les termes du débat. Réalisée par l’institut Ifop à la demande de la fédération Régions et Peuples Solidaires, qui rassemble plusieurs formations régionalistes et autonomistes, l’étude s’intéresse notamment aux attentes des habitants de l’Hexagone en matière de décentralisation et d’évolution institutionnelle. Une question, soumise à un échantillon de 2 000 personnes, portait directement sur l’éventuelle indépendance de la Nouvelle-Calédonie-Kanaky. Au total, 67 % des répondants se sont déclarés favorables à cette perspective. Cette proportion interpelle alors que Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, a proposé d’organiser un référendum national sur la question en cas de victoire. Le sujet pourrait ainsi occuper une place nouvelle dans la campagne, bien au-delà des seuls débats politiques calédoniens.

Le détail des résultats met en évidence des opinions qui ne correspondent pas toujours aux positions défendues par les responsables politiques. Parmi les personnes déclarant vouloir voter pour Jean-Luc Mélenchon, 85 % se disent favorables à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Mais cette adhésion ne se limite pas à la gauche radicale. Elle atteint également 63 % chez les électeurs potentiels de Gabriel Attal et 60 % chez ceux d’Édouard Philippe. Plus surprenant, 63 % des personnes envisageant de voter pour Marine Le Pen répondent favorablement à cette même question, alors que la dirigeante du Rassemblement national défend traditionnellement le maintien du territoire dans la République française. François Kraus, qui a participé à la réalisation de l’enquête, avance plusieurs hypothèses pour expliquer ces écarts, notamment une forme de distance entre les préoccupations des électeurs métropolitains et les réalités institutionnelles ultramarines. Ces chiffres illustrent surtout la nécessité de distinguer les préférences exprimées dans un sondage des orientations officielles des partis.

Une forte proportion d’indécis qui change la lecture des résultats

L’enquête comporte toutefois une seconde question, dont les résultats invitent à la prudence. Cette fois, les participants étaient invités à se prononcer sur la poursuite d’une trajectoire de décolonisation pouvant conduire, par référendum, à différentes formes d’évolution institutionnelle, jusqu’à la souveraineté. Contrairement à la première question, ils pouvaient indiquer qu’ils ne savaient pas répondre. Résultat : 43 % des personnes interrogées approuvent cette perspective, 19 % s’y opposent et 38 % ne se prononcent pas. Parmi les seuls répondants ayant exprimé une opinion, le soutien atteint 69 %. Cette distinction est essentielle : elle montre qu’une majorité se dégage parmi les personnes qui prennent position, mais que l’adhésion ne représente pas la majorité de l’ensemble des sondés lorsque les indécis sont comptabilisés. Les deux questions ne portent pas non plus exactement sur le même objet, l’une évoquant directement l’indépendance, l’autre un processus institutionnel susceptible d’y conduire. Ces différences de formulation peuvent influencer les réponses.

Le sondage intervient dans un contexte politique particulièrement sensible pour la Nouvelle-Calédonie. Le territoire a déjà organisé trois consultations d’autodétermination, en 2018, 2020 et 2021, qui se sont toutes conclues par une victoire du maintien dans la France. Le dernier scrutin avait toutefois été boycotté par les principaux mouvements indépendantistes, qui contestent sa légitimité politique. Depuis, les discussions entre l’État, les indépendantistes et les non-indépendantistes cherchent à définir un nouveau cadre institutionnel durable, après les tensions qui ont profondément marqué l’archipel. La perspective d’un référendum national, défendue par Jean-Luc Mélenchon, soulève donc une question fondamentale : quelle place accorder à l’opinion des habitants de l’Hexagone dans une décision qui concerne directement l’avenir des Calédoniens ? L’enquête de l’Ifop mesure les perceptions de la population métropolitaine, et non celles des habitants du territoire. Si ses résultats peuvent alimenter les débats de la présidentielle, ils ne permettent ni de préjuger d’un futur vote ni de déterminer à eux seuls le devenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

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