L’Italie va demander à ses partenaires de l’Union européenne d’inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien sur la liste des organisations terroristes de l’UE, marquant un changement notable de la position de Rome, a annoncé le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani.
Jusqu’à présent, l’Italie figurait parmi les États membres réticents à une telle désignation. Mais Rome estime désormais que la répression menée par les autorités iraniennes contre les manifestations de rue, qui aurait fait des milliers de morts ce mois-ci, impose une réponse plus ferme de la part de l’Europe.
Dans un message publié sur X, Tajani a affirmé que « les pertes subies par la population civile lors des manifestations exigent une réponse claire ». Il a indiqué qu’il présenterait officiellement cette proposition jeudi lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, en coordination avec plusieurs partenaires européens.
L’inscription du CGRI sur la liste terroriste européenne entraînerait de lourdes conséquences juridiques, financières et diplomatiques, limitant fortement la capacité de cette organisation à opérer sur le sol européen. Créé après la révolution islamique de 1979, le CGRI exerce une influence considérable en Iran, contrôlant des pans entiers de l’économie et des forces armées, et jouant un rôle central dans les programmes nucléaire et balistique du pays.
Le débat divise toutefois les capitales européennes. Certains États membres redoutent qu’une telle décision ne provoque une rupture totale des relations avec Téhéran, compromettant toute reprise des négociations sur le nucléaire et mettant en danger les ressortissants européens détenus en Iran.
La violence de la répression récente a cependant ravivé les discussions au sein de l’UE et donné un nouvel élan aux partisans d’une ligne dure. Le Corps des gardiens de la révolution est déjà visé par le régime européen de sanctions pour violations des droits humains, mais son inscription sur la liste terroriste nécessiterait l’unanimité des États membres, un obstacle politique encore loin d’être levé.
