Les États-Unis ont annoncé vendredi de nouvelles sanctions visant neuf navires et huit entreprises liées à ce que Washington qualifie de « flotte fantôme » iranienne, dans un contexte de pression accrue sur Téhéran après la répression meurtrière des récentes manifestations antigouvernementales.
Selon le département du Trésor américain, ces navires et leurs sociétés propriétaires ou gestionnaires – basées notamment en Inde, à Oman et aux Émirats arabes unis – auraient transporté pour des centaines de millions de dollars de pétrole et de produits pétroliers iraniens vers des marchés étrangers, en contournant les sanctions internationales.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que ces mesures visaient un « élément essentiel » du financement de la répression en Iran. Washington affirme que les revenus issus de ces exportations devraient bénéficier à la population iranienne, mais qu’ils sont détournés pour financer des groupes armés régionaux, des programmes d’armement et les services de sécurité du pays.
La « flotte fantôme » désigne généralement des navires anciens à la propriété opaque, opérant sans assurance internationale reconnue et souvent hors des systèmes de suivi habituels, afin de transporter du pétrole sous sanctions. Parmi les navires visés figurent notamment le Sea Bird, l’Al Diab II et le Cesaria, ainsi que l’Avon et le Chiron 5.
Ces sanctions interviennent alors que des organisations de défense des droits humains font état de milliers de morts lors des troubles en Iran, qualifiés de plus violents depuis la révolution de 1979. Le gouvernement iranien affirme de son côté que son programme nucléaire est strictement pacifique et n’a pas immédiatement réagi aux annonces américaines.
Washington a par ailleurs renforcé son dispositif militaire dans la région, tout en indiquant privilégier la pression économique et diplomatique pour dissuader Téhéran de poursuivre la répression interne et toute escalade liée à son programme nucléaire.
