Les États-Unis exercent une pression diplomatique sur la Bolivie afin qu’elle expulse des espions iraniens présumés et qu’elle classe plusieurs organisations proches de Téhéran comme terroristes, selon des sources proches du dossier. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de Washington visant à réduire l’influence iranienne en Amérique latine.
D’après ces sources, l’administration américaine souhaite que La Paz désigne le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), ainsi que le Hezbollah et le Hamas, comme organisations terroristes. Les États-Unis considèrent ces groupes comme des relais régionaux de l’Iran.
Cette démarche intervient dans un contexte de réajustement des équilibres géopolitiques régionaux. Washington cherche à renforcer ses partenariats en Amérique latine tout en limitant l’empreinte diplomatique et sécuritaire de Téhéran. Des pressions similaires pourraient être exercées à l’avenir sur d’autres pays de la région, dont le Chili, le Panama et le Pérou, selon les mêmes sources.
La Bolivie, pays enclavé d’Amérique du Sud, est décrite par des responsables américains comme un point d’appui important pour les activités diplomatiques et de renseignement iraniennes. Cette situation s’expliquerait par un dispositif de contre-espionnage jugé permissif et par la position géographique centrale du pays, voisin de plusieurs États où des réseaux liés au Hezbollah auraient été détectés ces dernières années.
Sous les présidences de l’ancien chef d’État Evo Morales puis de Luis Arce, La Paz avait renforcé ses relations avec Téhéran, notamment dans les domaines de la défense et de la sécurité. Ce positionnement avait été perçu à Washington comme un frein à toute tentative de rapprochement avec les États-Unis. L’élection récente du centriste Rodrigo Paz a toutefois ouvert une nouvelle phase politique, marquée par une volonté affichée de normaliser les relations avec Washington et d’attirer des investissements privés.
Les autorités boliviennes ont indiqué qu’aucune position officielle n’était encore arrêtée sur ces demandes américaines. De leur côté, les responsables américains mettent en avant des précédents régionaux récents : l’Équateur et l’Argentine ont, ces derniers mois, classé certaines entités liées à l’Iran comme organisations terroristes, avec le soutien de Washington.
Au-delà de la Bolivie, cette séquence illustre une intensification de la rivalité entre les États-Unis et l’Iran sur le continent latino-américain. Si l’ampleur réelle de la présence opérationnelle du Hezbollah et d’autres réseaux iraniens dans la région reste débattue au sein des milieux du renseignement, Washington affirme vouloir empêcher toute consolidation durable de ces influences dans son voisinage stratégique.
