Le Programme alimentaire mondial met en garde contre une crise due à une baisse de 40 % du financement

Le Programme alimentaire mondial met en garde contre une crise due à une baisse de 40 % du financement

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti, vendredi, qu’il faisait face à une crise « sans précédent » en raison d’une réduction de 40 % de son financement cette année, mettant en péril une aide vitale pour 58 millions de personnes.

L’organisation internationale a déclaré que, malgré la générosité de nombreux gouvernements et individus, elle « subit une forte baisse du financement de la part de ses principaux donateurs », selon l’Agence France-Presse. Dans un communiqué publié depuis son siège à Rome, l’agence a précisé : « Le Programme alimentaire mondial fait actuellement face à une réduction alarmante de 40 % de son financement pour 2025, par rapport à l’année précédente. »

Elle a ajouté que « l’ampleur de cette baisse, combinée à un nombre record de personnes ayant besoin d’aide, a conduit à une crise sans précédent pour des dizaines de millions de personnes à travers le monde qui dépendent de l’aide alimentaire. »

L’organisation n’a pas mentionné de pays spécifique, mais les États-Unis, qui sont de loin le plus grand donateur du PAM, ont considérablement réduit leur financement depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump en janvier. D’autres pays, comme l’Allemagne — deuxième plus grand contributeur à l’aide au développement après les États-Unis — et le Royaume-Uni, ont également réduit leur aide extérieure, préférant augmenter leurs dépenses militaires.

Rania Daqash Kamara, directrice exécutive adjointe chargée des partenariats et de l’innovation au PAM, a déclaré que l’organisation « donne la priorité aux pays ayant les besoins les plus urgents et tente de réduire les rations alimentaires sur les lignes de front ». Elle a ajouté : « Bien que nous fassions tout notre possible pour réduire les coûts opérationnels… nous sommes confrontés à une crise de financement imminente aux conséquences potentiellement mortelles. »

Le PAM a identifié 28 de ses opérations les plus vitales qui sont confrontées à de sévères restrictions budgétaires et à des « stocks alimentaires dangereusement bas » jusqu’en août. Ces opérations couvrent plusieurs pays, dont le Liban, le Soudan, la Syrie, le Soudan du Sud, le Tchad, l’Afghanistan, la Birmanie, l’Ouganda, le Niger, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, le Yémen, le Mali, le Bangladesh, le Venezuela, Haïti, le Mozambique, le Nigeria, la Somalie, le Kenya, l’Ukraine, le Malawi, le Burundi, l’Éthiopie, les territoires palestiniens, la République centrafricaine, la Jordanie et l’Égypte.

Jeudi, le Programme alimentaire mondial a également tiré la sonnette d’alarme sur la situation à Gaza, affirmant qu’il ne restait plus de nourriture disponible pour plus de deux semaines, tandis que « des centaines de milliers de personnes » y font face à une faim et une malnutrition extrêmes.

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