Trois sources bien informées ont indiqué que le constructeur automobile japonais Nissan annoncera des changements au sein de sa haute direction en mars. Elles ont ajouté que le PDG en difficulté, Makoto Uchida, est actuellement pressenti pour conserver son poste.
Ces sources, qui ont souhaité rester anonymes car les informations n’ont pas encore été rendues publiques, ont précisé que le troisième plus grand constructeur automobile du Japon annoncera des modifications de gestion le 12 mars, à la suite de l’échec des discussions de fusion avec Honda. Cette annonce s’inscrit dans le cadre d’un plan de transformation que Nissan s’est engagé à accélérer ce mois-ci, après deux trimestres consécutifs de performances médiocres ayant plongé l’entreprise dans une crise profonde.
L’un des informateurs a indiqué que le conseil d’administration de Nissan continuera d’évaluer l’efficacité du plan de transformation ainsi que la capacité de l’équipe actuelle à le mener à bien. Deux autres sources ont ajouté que si Uchida venait à quitter son poste, Nissan pourrait opter pour un PDG intérimaire au lieu de nommer immédiatement un remplaçant permanent.
Bloomberg News avait précédemment rapporté que Nissan envisageait de remplacer Uchida, citant des personnes proches du dossier. L’un des informateurs a révélé que les dirigeants de Nissan évaluent l’intérêt de potentiels candidats à la succession d’Uchida, qui occupe le poste de PDG depuis fin 2019.
Suite à la publication de ces informations, l’action de Nissan a grimpé de 3,7 % à la Bourse de Tokyo.
Seiji Sugiura, analyste au Tokai Tokyo Research Institute, a déclaré : « Il est naturel qu’Uchida passe le relais », tout en soulignant qu’un changement à la tête de l’entreprise ne constituerait pas une solution immédiate aux défis du constructeur automobile. « Je ne pense pas que cela modifiera significativement la performance de leurs activités ou l’exécution de leur plan de transformation », a-t-il ajouté.
Le plan de transformation accéléré de Nissan prévoit la fermeture de trois usines, ainsi qu’une simplification de la structure organisationnelle. En février, l’entreprise a révisé à la baisse ses prévisions financières pour l’exercice en cours, et ce, pour la troisième fois, mettant en lumière les perspectives sombres auxquelles elle est confrontée sur plusieurs marchés clés, notamment les États-Unis et la Chine.
Uchida a reconnu que sortir Nissan de cette période de stagnation était son défi le plus urgent et qu’il serait prêt à se retirer une fois cette mission accomplie. Toutefois, son successeur potentiel reste encore inconnu.
Nissan et Honda ont mis fin à leurs négociations en février concernant une fusion qui aurait donné naissance à un groupe automobile pesant 60 milliards de dollars. Selon des sources, les discussions, entamées en décembre, ont finalement échoué en raison d’une proposition de Honda visant à faire de Nissan une filiale.