Vendredi soir, lors de la 50e cérémonie des César, Alain Chabat a remporté le prix du Meilleur acteur dans un second rôle pour son interprétation dans L’Amour ouf, réalisé par Gilles Lellouche. Fidèle à son humour inimitable, il a offert à l’Olympia le discours de remerciement le plus marquant de la soirée, entre autodérision, improvisation et émotions sincères. Si son César était attendu, la manière dont il a célébré ce moment l’a rendu absolument inoubliable.
Un moment de comédie mémorable
Dès son arrivée sur scène, Alain Chabat a joué la carte du désordre et de l’improvisation, cherchant fébrilement dans ses poches un discours “perdu”. “Heureusement, j’ai préparé un petit papier au cas où… après, on se retrouve à dire de la merde et à pas remercier, et on n’a pas envie de perdre du temps à…”, a-t-il lancé, provoquant une explosion de rires dans la salle. Son timing comique impeccable, ponctué de silences et de pauses faussement hésitantes, a fait de ce moment un véritable sketch en direct. À la fois décalé et sincère, il a remercié Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos et toute l’équipe du film, avant d’adresser un “big up” aux régisseurs, ces travailleurs de l’ombre qui “arrivent les premiers sur les films et repartent les derniers”.
De l’humour à l’émotion
Après les rires, Alain Chabat a laissé place à une émotion plus discrète mais bien réelle. Visiblement touché par cette récompense, il a tenu à rendre hommage à sa famille, concluant avec des mots simples et puissants : “Merci à ma femme que j’aime d’amour, merci à mes enfants qui sont merveilleux…”. Un silence s’installe, le public l’acclame, et on devine que les larmes ne sont pas loin. Cette transition entre le burlesque et la tendresse a fait de son discours l’un des plus marquants de la soirée, confirmant une fois de plus la sincérité et la générosité d’un artiste adoré du public.
Un sacre bien mérité
Déjà récompensé en 1998 pour Didier (César de la Meilleure première œuvre), c’est la première fois qu’Alain Chabat est couronné en tant qu’acteur. Nommé à plusieurs reprises dans le passé, il décroche enfin une statuette pour son jeu, incarnant avec justesse un père dépassé et attendrissant dans L’Amour ouf. Une consécration tardive, mais amplement méritée pour celui qui est, depuis des décennies, l’un des visages les plus emblématiques et les plus aimés du cinéma français. À travers ce prix et son discours inoubliable, Alain Chabat prouve une fois de plus qu’il sait faire rire autant que toucher.