Le gouvernement français hausse le ton face aux États-Unis. Ce samedi, le ministère du Commerce extérieur a vivement dénoncé une lettre envoyée par l’ambassade américaine à plusieurs entreprises françaises, leur intimant de mettre un terme à leurs programmes de diversité s’ils souhaitent continuer à travailler avec l’État fédéral américain. Une demande jugée « inacceptable » par Paris, qui y voit une atteinte directe aux valeurs et à la souveraineté des entreprises françaises.
Cette initiative s’appuie sur le décret 14173, signé par Donald Trump dès son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, supprimant les dispositifs fédéraux de promotion de l’égalité des chances. Le texte s’applique également aux sous-traitants et fournisseurs de l’administration américaine, y compris étrangers. Les entreprises françaises contractuellement liées à l’État américain seraient ainsi contraintes d’abandonner toute politique de discrimination positive pour rester éligibles à ces marchés.
Un affront aux « valeurs européennes »
La réaction du ministère de l’Économie ne s’est pas fait attendre. « Les ingérences américaines dans les politiques d’inclusion des entreprises françaises, comme les menaces de droits de douane injustifiés, sont inacceptables », dénonce un communiqué. Bercy assure que la France, tout comme l’Europe, « défendra ses entreprises, ses consommateurs, mais aussi ses valeurs ». Le ministre Éric Lombard aurait l’intention d’aborder le sujet avec ses homologues américains dans les prochains jours.
Interrogée, l’ambassade américaine à Paris n’a pour l’heure formulé aucun commentaire officiel. Mais dans les rangs du gouvernement français, on déplore une orientation politique américaine « radicale » qui entre en contradiction avec les principes d’inclusion et de diversité largement adoptés par les entreprises européennes. L’affaire pourrait marquer un nouveau point de crispation dans les relations économiques entre Paris et Washington, déjà tendues sur d’autres dossiers commerciaux.