Le premier vol commercial de la fusée Ariane 6, initialement prévu lundi mais interrompu au dernier moment, a été reprogrammé pour ce jeudi 6 mars. Le lanceur européen décollera depuis Kourou, en Guyane française, avec à son bord le satellite militaire français CSO-3. Ce dernier, destiné à la surveillance de la Terre, complétera la mini-constellation du ministère français de la Défense.
Lundi, une anomalie détectée sur un équipement au sol avait contraint Arianespace à reporter le lancement à la dernière minute. Après plusieurs vérifications, l’agence a confirmé que toutes les conditions étaient désormais réunies pour un décollage à 13h24 heure locale (17h24 à Paris). Ce report s’ajoute aux multiples retards ayant affecté Ariane 6, qui devait initialement être lancée en 2022.
Ce vol marque une étape clé pour l’Europe spatiale, qui cherche à garantir son indépendance en matière de lancements. Jusqu’ici, les deux premiers satellites CSO avaient été envoyés en orbite par des fusées russes Soyouz, mais la coopération avec Roscosmos a été rompue après l’invasion de l’Ukraine. Avec Ariane 6, l’Europe espère rattraper son retard sur SpaceX, qui domine actuellement le marché des lancements.
L’objectif affiché est d’augmenter progressivement la cadence des tirs, avec cinq missions prévues en 2025 et une montée en puissance jusqu’à une douzaine par an. Cette capacité de lancement autonome est jugée essentielle par les autorités européennes et françaises, qui considèrent l’espace comme un enjeu stratégique majeur.