L’affaire qui a choqué l’opinion publique en septembre dernier connaît son épilogue judiciaire. Ce vendredi, une institutrice de maternelle comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir violenté une élève de trois ans en pleine classe. Filmée par une mère d’élève, la scène montrait l’enseignante frapper violemment l’enfant au niveau du dos, avant de l’asperger d’eau à l’aide d’un vaporisateur. La vidéo, rapidement diffusée sur les réseaux sociaux, avait suscité une vague d’indignation et conduit la famille de la fillette à porter plainte.
Suspendue depuis, l’enseignante, forte de trente ans de carrière, a reconnu les faits et exprimé ses regrets. Son avocat, Me Laurent Hazan, parle d’un « soulagement » pour sa cliente, qui aborde ce procès comme une opportunité d’expliquer le contexte dans lequel se sont déroulés ces actes. La défense met en avant des conditions de travail particulièrement difficiles, évoquant une classe surchargée, un manque de moyens et une forte pression due à la rentrée scolaire. L’institutrice affirme avoir été dépassée par la situation et plaide une réaction inappropriée, mais isolée.
De son côté, la famille de la petite victime insiste sur le traumatisme subi par l’enfant. Selon leur avocate, Vanessa Edberg, la fillette a développé des troubles du comportement depuis l’incident et a dû être suivie par une psychologue. La partie civile réclame plus de 20 000 euros de dommages et intérêts, estimant que l’impact psychologique a été sous-évalué par l’enquête. La famille a également choisi de déménager et de scolariser leur enfant dans un nouvel établissement pour tenter de tourner la page.
L’audience devrait être marquée par les témoignages d’anciens collègues de l’enseignante, qui soulignent son professionnalisme et son implication tout au long de sa carrière. Certains pointent toutefois les failles du système éducatif, notamment le manque de soutien face à des classes difficiles. L’affaire soulève ainsi un débat plus large sur les conditions de travail des enseignants et les limites du cadre scolaire face à des situations de stress extrême. Le verdict, attendu dans les prochains jours, pourrait faire jurisprudence en matière de gestion des violences en milieu scolaire.