Le verdict de l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) est tombé, et il s’accompagne d’une claque sévère pour l’exécutif français. En dépit de la stabilité retrouvée, symbolisée par l’adoption du budget 2025, S&P a abaissé la perspective de la note française, la faisant passer de « stable » à « négative ». La note elle-même, certes maintenue à AA-, garde un statut honorable, mais cet avertissement démontre l’ampleur du défi que représente la gestion des finances publiques du pays.
Il est difficile de ne pas y voir un rappel cinglant des difficultés financières qui rongent la France. Le gouvernement, qui avait misé sur une sortie de crise grâce à des réformes budgétaires controversées, se voit une nouvelle fois pointé du doigt par les agences internationales. Pourtant, à Bercy, on continue de tenter de minimiser l’impact de cette note en affirmant que ce sont avant tout les chiffres qui comptent, et non les jugements des agences. Une posture qui peut avoir des airs de déni face à la réalité économique.
S&P n’a pas manqué de souligner que les finances publiques de la France sont sous pression et que le soutien politique aux réformes reste « limité ». Si les mesures adoptées pour réduire le déficit sont saluées, elles apparaissent temporaires et fragiles, à tel point que la stratégie budgétaire au-delà de 2025 demeure incertaine. Les perspectives de croissance pour cette année sont loin d’être optimistes, avec un PIB attendu en dessous de 1%. Les chiffres sont là, implacables : malgré les efforts du gouvernement, le pays reste englué dans une dette colossale de 3 300 milliards d’euros, et un déficit public avoisinant les 6% du PIB pour 2024.
Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, et sa collègue en charge du Budget Amélie de Montchalin ont promis des mesures de « pilotage budgétaire inédites », dont un suivi mensuel des dépenses publiques. Cela ressemble à une gestion à la petite semaine, une politique de l’aveu d’échec, quand il faudrait un vrai coup de barre pour revenir à une gestion saine de nos finances publiques. De plus, malgré l’adoption du budget, les hausses de prélèvements restent l’un des principaux leviers utilisés pour juguler le déficit, une méthode qui, loin de restaurer la compétitivité de notre économie, pourrait à terme asphyxier un peu plus les entreprises françaises. Une surtaxe d’impôt sur les sociétés des plus grandes entreprises n’est qu’un pansement temporaire, un ballon d’oxygène à court terme, mais qui reporte l’effort structurel sur les années suivantes.
Il est clair que la France se trouve dans une situation délicate. L’abaissement de la perspective de la note de la France par S&P montre que les investisseurs restent inquiets, et ce, malgré la volonté affichée de redresser la barre. Mais la véritable question qui se pose désormais est celle du véritable courage politique : allons-nous continuer à vivre au-dessus de nos moyens, ou bien allons-nous enfin prendre les mesures qui s’imposent pour redonner à la France sa souveraineté économique ? La solution ne réside pas dans de simples ajustements fiscaux, mais dans une refonte radicale de notre modèle économique. Un retour à une France qui prend enfin le contrôle de sa dette, de ses finances, et de son avenir.