SANTÉ – Les pompiers plus exposés au risque de tumeurs cérébrales

SANTÉ – Les pompiers plus exposés au risque de tumeurs cérébrales

Une étude américaine suggère que les pompiers pourraient être plus susceptibles de développer des tumeurs cérébrales de type « gliome » en raison de leur exposition à certaines substances chimiques dans l’exercice de leur métier.

Les chercheurs de l’Université de Yale expliquent que cette étude apporte la première preuve que les pompiers pourraient être davantage exposés au cancer du cerveau en raison de mutations génétiques résultant de leur contact avec des substances chimiques liées à la lutte contre les incendies. Les résultats ont été publiés lundi dans la revue Cancer de l’American Cancer Society.

Les gliomes sont des tumeurs cérébrales qui se développent à partir des cellules gliales, essentielles au soutien du système nerveux central. Ces tumeurs comptent parmi les plus courantes du cerveau et varient en gravité, allant de formes à croissance lente à des tumeurs très agressives, comme le glioblastome. Les traitements disponibles, notamment la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie, dépendent du type de tumeur, de son stade et de son étendue.

L’étude s’est concentrée sur les mutations génétiques associées à l’exposition aux halo-alcanes, des composés utilisés dans les extincteurs et les matériaux ignifuges employés pour combattre les incendies.

Les résultats ont révélé que les pompiers diagnostiqués avec un gliome présentaient davantage de mutations génétiques spécifiques, précédemment associées à l’exposition aux halo-alcanes, par rapport aux autres patients atteints de la même tumeur mais exerçant des professions différentes. Cela suggère que ces substances chimiques pourraient jouer un rôle dans le développement de la maladie.

L’étude a analysé 35 patients atteints de gliomes, dont 17 étaient pompiers et 18 n’avaient aucune expérience professionnelle dans ce domaine.

Les résultats ont montré que les pompiers étaient plus susceptibles de présenter une mutation génétique liée aux halo-alcanes et que cette probabilité augmentait chez ceux ayant exercé ce métier pendant de longues périodes.

Les chercheurs ont également observé que cette même mutation était détectée chez certains patients non-pompiers, mais exerçant des métiers impliquant une exposition aux halo-alcanes, comme la peinture automobile et la maintenance des machines.

L’équipe de recherche souligne l’importance de renforcer les mesures de protection pour limiter l’exposition continue des pompiers aux substances chimiques nocives. Cela pourrait passer par l’amélioration des normes de sécurité professionnelle, l’utilisation accrue d’équipements de protection individuelle ou encore la réduction de l’emploi de produits contenant des halo-alcanes dans le matériel de lutte contre l’incendie.

Les chercheurs précisent que ces résultats nécessitent d’être confirmés par des études plus larges, impliquant un plus grand nombre de patients et une diversité de professions. Une meilleure compréhension du lien entre l’exposition aux substances chimiques et les mutations génétiques pourrait permettre aux autorités sanitaires de mettre en place des politiques plus efficaces pour réduire les risques de cancer liés aux professions dangereuses.

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