Le procès de Mohamed Hichem Medjdoub, accusé d’avoir perpétré l’attentat de la rue Victor Hugo à Lyon le 24 mai 2019, s’ouvre ce lundi 31 mars à Paris. L’homme, alors âgé de 24 ans, est poursuivi pour tentatives d’assassinats et infraction à la législation sur les explosifs en lien avec une entreprise terroriste. L’explosion avait fait quatorze blessés légers et semé la panique en plein cœur de la presqu’île lyonnaise.
Radicalisé en ligne, inconnu des services de renseignement, Medjdoub avait fabriqué une bombe artisanale dans l’appartement de ses parents à Oullins, utilisant du TATP, un explosif prisé des djihadistes, et l’avait dissimulée dans un emballage de chips. Le colis piégé, déposé devant une boulangerie, contenait des centaines de projectiles métalliques. L’accusé affirme ne pas avoir voulu tuer, mais provoquer un mouvement de panique à deux jours des élections européennes.
Un attentat prémédité, un procès très attendu
Malgré sa défense, les enquêteurs ont retrouvé chez lui des notices de fabrication de bombes, des produits chimiques et une abondante documentation djihadiste. Il a reconnu les faits en garde à vue, sans jamais exprimer le moindre regret. En détention depuis 2019, il aurait déclaré vouloir « radicaliser tout le monde en prison, même les murs ». L’enquête n’a révélé aucune complicité : Mohamed Medjdoub a agi seul. Le procès, qui se tient devant la cour d’assises spéciale de Paris jusqu’au 7 avril, sera l’occasion pour les victimes, blessées ou traumatisées, de témoigner. Certaines souffrent encore de stress post-traumatique, six ans après les faits.
Ce procès s’inscrit dans un contexte de menace terroriste persistante. Le ministre de l’Intérieur a rappelé que neuf attentats ont été déjoués en 2024, un record. La vigilance reste de mise alors que la justice se penche sur un acte qui aurait pu, sans l’amateurisme de son auteur, virer au carnage.