L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, estimant désormais une progression du PIB de 3,1 % en 2025, contre 3,3 % dans ses précédentes estimations. Derrière ce ralentissement, plusieurs facteurs sont pointés du doigt, notamment l’escalade protectionniste impulsée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.
Le recul est particulièrement marqué aux États-Unis, où la croissance prévue tombe à 2,2 % en 2025 et 1,6 % en 2026, soit une révision de -0,2 et -0,5 points respectivement. Mais ce sont surtout les pays limitrophes qui encaissent le choc : le Canada voit sa prévision abaissée de 1,3 point à 0,7 %, tandis que le Mexique plonge dans le rouge avec un recul anticipé de -1,3 %. En zone euro, l’économie reste atone, avec une croissance attendue à 1 % cette année et 1,2 % en 2026. La France n’échapperait pas à cette tendance avec un PIB limité à 0,8 % en 2025, tandis que l’Allemagne, locomotive européenne en difficulté, ne progresserait que de 0,4 %.
L’OCDE, qui ne cite jamais explicitement le président américain dans son rapport, met néanmoins en cause « l’augmentation des barrières commerciales » et « l’incertitude croissante sur les politiques économiques et géopolitiques », des éléments directement liés à la politique protectionniste de Trump. Le climat économique mondial est marqué par une perte de confiance des consommateurs et des entreprises, freinant ainsi l’investissement et la consommation.
Les mesures de taxation et de hausse des droits de douane initiées par Washington devraient avoir un effet en cascade, augmentant le coût des échanges commerciaux et alimentant une nouvelle poussée inflationniste. En particulier, la surtaxe de 20 % sur les importations chinoises et la taxation de 25 % sur l’acier et l’aluminium risquent d’accroître les tensions commerciales et de ralentir la production manufacturière mondiale.
L’OCDE s’inquiète également des mesures à venir : dès le 2 avril, une série de nouvelles restrictions tarifaires devrait s’appliquer aux partenaires commerciaux des États-Unis, dont l’Europe. Trump, lors d’un échange avec des journalistes à bord d’Air Force One, a qualifié cette date de « jour libérateur pour notre pays », assurant que « des milliards de dollars allaient affluer ». L’OCDE, en revanche, estime que ce regain de protectionnisme risque de peser lourdement sur l’économie mondiale et de prolonger un ralentissement déjà amorcé.