La manifestation organisée samedi à Paris par La France insoumise contre le racisme et l’extrême droite a rapidement tourné à la polémique. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a exprimé son indignation après les slogans hostiles aux forces de l’ordre scandés dans les cortèges. « Honte à ceux qui ont crié contre les policiers, honte aux élus qui cautionnent cette violence », a-t-il lancé sur X.
La mobilisation, qui a réuni près de 91 000 personnes en France selon les chiffres du ministère, et 21 500 à Paris, a été marquée par des tensions place de la Nation. Dégradations, affrontements et provocations ont ponctué la fin du rassemblement, où l’on a vu se mêler des revendications contre l’extrême droite, un soutien affiché à Gaza et des relents d’antisémitisme.
Bruno Retailleau a également dénoncé « les affiches nauséabondes » brandies par certains manifestants, visant notamment Cyril Hanouna et recyclant des caricatures antisémites. La justice a d’ailleurs condamné LFI à verser 3 500 euros à l’animateur pour atteinte au droit à l’image.
Le ministre a conclu en réaffirmant son soutien aux forces de l’ordre « qui nous protègent au quotidien » et en fustigeant « des élus et des partis qui se disent antifascistes mais tolèrent des méthodes fascistes ». Dans un climat politique toujours plus délétère, la fracture entre l’extreme gauche et les institutions semble désormais béante.