Le procès très attendu de Robert Hendy-Freegard, escroc britannique rendu célèbre par la série documentaire The Puppet Master sur Netflix, s’ouvre ce jeudi 6 février au tribunal correctionnel de Guéret (Creuse). Jugé pour « violences sur militaires de la gendarmerie nationale », il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
Les faits remontent au 25 août 2022, à Vidaillat, petit village paisible de la Creuse. Ce jour-là, des gendarmes interviennent pour fermer l’élevage illégal de beagles que Hendy-Freegard gérait avec sa compagne, Sandra Clifton. Prévenu de la présence des forces de l’ordre, l’escroc fonce sur deux gendarmes avec sa voiture avant de prendre la fuite. Il est arrêté huit jours plus tard en Belgique, au terme d’une cavale qui suscite l’attention internationale.
Un passé judiciaire lourd et sulfureux
Ce procès ne concerne que les faits commis en Creuse, mais Hendy-Freegard est bien connu des autorités britanniques. En 2005, il avait été condamné à la prison à perpétuité pour enlèvement, escroquerie et vol, après avoir extorqué plus d’un million de livres sterling à plusieurs femmes et étudiants en se faisant passer pour un agent du MI5. Libéré en 2009, il s’était installé en France avec Sandra Clifton, vivant discrètement jusqu’à ce que ses voisins découvrent son passé criminel.
Un village mobilisé pour sauver sa compagne
Alertés par les conditions de vie précaires de Sandra Clifton et par la diffusion de la série documentaire sur Netflix, les habitants de Vidaillat s’étaient transformés en enquêteurs amateurs. Ils ont contacté les enfants de Sandra, restés au Royaume-Uni, pour tenter de la libérer de l’emprise de son compagnon. Le jour de l’intervention des gendarmes, Sandra a pu quitter le village pour retrouver sa famille en Angleterre.
Si le procès de ce jeudi doit permettre de clarifier les circonstances de l’agression des gendarmes, plusieurs questions demeurent. Pourquoi Hendy-Freegard a-t-il agi de cette manière ? Et surtout, sa compagne, désormais libre, envisagera-t-elle de porter plainte contre lui pour les années passées sous son emprise ? Des réponses sont attendues lors de ce procès, où l’escroc pourrait comparaître sans avocat.