L’incertitude politique commence à peser lourd sur l’attractivité de la France. Le dernier baromètre de la Chambre de commerce américaine en France (AmCham dresse un constat inquiétant : le moral des investisseurs américains installés dans l’Hexagone s’effondre. En conséquence, les intentions d’investissement reculent et les perspectives d’emploi s’assombrissent.
Les entreprises américaines, premier investisseur étranger en France, sont un baromètre clé de la dynamique économique du pays. Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une entreprise sur cinq prévoit de réduire ses effectifs, un bond de huit points par rapport à 2024. La perception positive de la France par les maisons mères américaines ne cesse de s’effriter, passant de 45 % en 2023 à 36 % en 2024. Seuls 3 % des investisseurs jugent encore l’environnement économique « excellent », un chiffre qui atteignait 7 % l’année précédente. Une détérioration qui, selon Eglé de Richemont, directrice générale de l’AmCham France, est directement liée aux récentes instabilités politiques.
L’année 2024 a été marquée par une valse gouvernementale sans précédent. Quatre chefs de gouvernement se sont succédé en moins d’un an, l’Assemblée nationale a été dissoute, une motion de censure a renversé l’exécutif pour la première fois en plus de six décennies, et l’adoption du budget 2025 a pris du retard. Autant de signaux qui ont profondément ébranlé la confiance des investisseurs. Selon le rapport de l’AmCham, 78% des entreprises américaines considèrent que la chute du gouvernement Barnier en décembre a eu un impact négatif sur leurs décisions économiques.
À cette instabilité intérieure s’ajoutent des tensions internationales qui n’arrangent rien. Le protectionnisme affiché par Donald Trump, réélu en 2024, fragilise encore davantage la position de la France. Après avoir relevé les droits de douane sur la Chine, le Canada et le Mexique, le président américain pourrait s’attaquer à l’Europe, menaçant directement les entreprises françaises.
Le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, tente pourtant de tempérer ces inquiétudes. Selon lui, les premiers signaux de 2025 sont encourageants et la phase d’attentisme des investisseurs pourrait toucher à sa fin. Mais face à la volatilité politique et aux incertitudes internationales, la France devra convaincre qu’elle reste une terre d’opportunités et de stabilité.