Bien que son utilisation ait commencé dans les années 1960 et malgré les composants relativement simples utilisés pour le réaliser, les sources médicales continuent d’affirmer que le test d’effort cardiaque (cardiac stress test) est l’un des tests les plus courants et les plus importants en médecine.
Un test des indicateurs cardiaques
D’une manière générale, le test d’effort permet d’observer le fonctionnement du cœur lors d’une activité physique. Cet effort physique oblige le cœur à pomper le sang avec plus de force et plus rapidement. Ainsi, ce test peut révéler des problèmes de circulation sanguine dans les artères du cœur et évaluer dans quelle mesure ces rétrécissements provoquent des troubles dans les indicateurs suivis pendant l’examen.
Cependant, alors que certains pensent que le test d’effort cardiaque se concentre uniquement sur le diagnostic de la maladie coronarienne (CAD – Coronary Artery Disease), il ne s’y limite pas. Ce test fournit en effet plusieurs autres informations médicales précieuses.
Un des avantages majeurs du test d’effort cardiaque est qu’il est non invasif et facilement accessible. Il ressemble, dans sa mise en œuvre, à une simple séance de course sur un tapis roulant (treadmill) en salle de sport. Pourtant, il fournit des informations diagnostiques essentielles. Ce test permet notamment d’analyser la fréquence cardiaque, la pression artérielle et l’électrocardiogramme (ECG) à différents moments :
Au repos, avant l’effort
Pendant l’exercice
Après l’exercice, en phase de récupération
En plus de l’enregistrement continu de l’ECG, le test génère des données sur la capacité aérobie fonctionnelle (functional aerobic capacity), qui mesure la capacité d’une personne à effectuer un effort physique. Il permet aussi d’évaluer l’augmentation de la pression artérielle en fonction de l’intensité de l’exercice, la fréquence cardiaque et l’indice chronotropique (chronotropic index), qui mesure la réponse du cœur à l’effort.
Une prédiction des cancers
Une étude récente menée par la Mayo Clinic a révélé que des anomalies détectées lors du test d’effort, comme une faible capacité aérobie fonctionnelle, pouvaient prédire non seulement les décès d’origine cardiovasculaire, mais aussi des décès liés au cancer. Cette étude a été publiée dans la revue scientifique Mayo Clinic Proceedings.
Le Dr Thomas Allison, directeur du centre intégré des tests d’effort de la Mayo Clinic et principal chercheur de l’étude, explique :
« Dans notre échantillon de patients, nous avons observé davantage de décès non cardiovasculaires que de décès cardiovasculaires. »
Il ajoute :
Bien que ce soit un test d’effort cardiaque, nous avons constaté que le cancer était la première cause de décès dans 38 % des cas, contre seulement 19 % pour les maladies cardiovasculaires. Les résultats du test d’effort – y compris une capacité d’exercice réduite, une fréquence cardiaque maximale faible et un ralentissement de la récupération de la fréquence cardiaque après l’effort – étaient associés à une augmentation de la mortalité. »
L’étude a porté sur 13 382 patients ne souffrant ni de maladies cardiovasculaires majeures ni d’autres affections graves. Ces patients ont effectué des tests d’effort à la Mayo Clinic entre 1993 et 2010 et ont été suivis sur une période médiane de 12,7 ans.
Les résultats indiquent que les médecins ne devraient pas se concentrer uniquement sur l’ECG, mais aussi sur d’autres données issues du test, comme :
Une capacité aérobie fonctionnelle réduite
Un indice chronotropique faible
Une récupération lente de la fréquence cardiaque
Le Dr Allison souligne que les patients présentant ces anomalies devraient être encouragés à augmenter leur activité physique, même si leur ECG ne montre aucun risque immédiat de maladie cardiovasculaire.
Un test diagnostique sûr
Le test d’effort consiste généralement à marcher rapidement (voire à courir) sur un tapis roulant ou à pédaler sur un vélo stationnaire. Selon de nombreuses sources médicales, les médecins peuvent recommander ce test pour plusieurs raisons :
Diagnostic de la maladie coronarienne : Les artères coronaires sont les principaux vaisseaux sanguins qui alimentent le cœur en oxygène. L’athérosclérose, due à l’accumulation de cholestérol et à l’inflammation, peut entraîner un rétrécissement de ces artères. Lorsqu’un patient se plaint de douleurs thoraciques, ce test peut être prescrit.
Diagnostic des troubles du rythme cardiaque : un trouble du rythme cardiaque peut se manifester par un rythme trop rapide ou trop lent.
Évaluation de l’efficacité d’un traitement cardiaque : si un patient est déjà traité pour une maladie cardiaque, le test peut permettre au médecin d’évaluer l’efficacité du traitement et d’ajuster la prise en charge.
Évaluation du cœur avant une chirurgie non cardiaque.
Évaluation de certains patients souffrant de maladies des valves cardiaques.
Ce test est généralement sûr, avec peu de complications. Il est toujours effectué sous surveillance médicale, afin que le cardiologue puisse réagir rapidement en cas d’anomalie.
Les précautions avant le test incluent :
Éviter de manger, boire ou fumer quelques heures avant l’examen.
Éviter la caféine. la veille et le jour du test
Informer le médecin de la prise de médicaments pouvant influencer la fréquence cardiaque.
La phase d’exercice en elle-même dure environ 15 minutes, mais l’ensemble du processus – préparation, test et récupération – prend entre 45 et 60 minutes.
Déroulement du test
Préparation : des électrodes sont placées sur la poitrine pour enregistrer l’activité électrique du cœur. Un brassard est également mis en place pour surveiller la pression artérielle.
Exercice : le patient commence à marcher lentement sur le tapis roulant, puis l’intensité augmente progressivement en termes de vitesse et d’inclinaison.
- Arrêt du test : L’exercice se termine lorsque le patient atteint une fréquence cardiaque cible. Le médecin peut arrêter le test plus tôt si le patient ressent :
Des douleurs thoraciques
Une gêne respiratoire intense
Une augmentation ou une baisse anormale de la pression artérielle
Un rythme cardiaque irrégulier
Des sensations de vertige ou de fatigue excessive
Phase de récupération : après l’effort, le patient marche lentement jusqu’au lit d’examen, où ses constantes sont surveillées jusqu’à la stabilisation.
Si les résultats sont normaux, aucun test supplémentaire n’est nécessaire. En revanche, en cas d’anomalies, le médecin pourra prescrire d’autres examens ou adapter le traitement.
Contre-indications absolues au test d’effort
Les instances médicales internationales établissent plusieurs contre-indications absolues pour ce test, parmi lesquelles :
Crise cardiaque aiguë survenue dans les 48 heures précédentes.
Angine de poitrine instable
Arythmies ventriculaires sévères
Sténose aortique sévère symptomatique
Dissection aortique
Embolie pulmonaire récente
Insuffisance cardiaque incontrôlée
Hypertension artérielle non maîtrisée (> 200/110 mmHg)
Hypertension pulmonaire sévère
Évolution historique du test d’effort
Les principaux jalons du développement de ce test incluent :
1918 : Première observation des modifications de l’ECG pendant l’angine de poitrine
1928 : Association des anomalies de l’ECG à un flux sanguin réduit
1956 : introduction du protocole standardisé du test sur tapis roulant par le Dr Bruce, encore utilisé aujourd’hui.
Ce test reste un pilier du diagnostic cardiovasculaire, avec des applications qui s’étendent aujourd’hui à la détection des cancers.