L’économie américaine traverse une période de grande incertitude, et la Réserve fédérale (Fed) adopte une posture prudente face aux bouleversements politiques en cours. Son président, Jerome Powell, a souligné vendredi que la banque centrale ne comptait pas précipiter de nouvelles baisses de taux tant que les réformes économiques du gouvernement Trump n’auraient pas apporté plus de clarté.
L’une des principales préoccupations de la Fed réside dans les droits de douane imposés par l’administration Trump, dont les effets sur l’inflation restent imprévisibles. Loin d’une stratégie cohérente, la politique commerciale américaine oscille entre annonces tonitruantes et ajustements sélectifs, provoquant la nervosité des marchés et des entreprises. Pour Powell, la question est de savoir si cette nouvelle pression sur les prix sera temporaire ou durable. Une hausse ponctuelle ne justifierait pas une réaction immédiate de la Fed, au risque d’étouffer la croissance et l’emploi.
Après avoir abaissé ses taux en septembre, novembre et décembre 2024, la Fed a marqué une pause en janvier, maintenant ses taux dans une fourchette de 4,25 à 4,50 %. Le statu quo devrait se prolonger lors de la prochaine réunion du 19 mars, malgré les pressions de Donald Trump qui milite pour une baisse rapide du coût du crédit afin de stimuler l’économie. Mais Powell insiste : « Nous n’avons pas besoin de nous presser ».
La Fed doit désormais jongler entre une inflation encore supérieure à l’objectif de 2 % (2,5 % en janvier), des incertitudes politiques majeures et un ralentissement de l’économie mondiale. Son défi sera d’éviter un retour en force de l’inflation sans compromettre la reprise américaine. Pour l’instant, l’attentisme prévaut, en attendant que la tempête politique se dissipe.