Si les sondages donnent Bruno Retailleau largement vainqueur à un mois et demi du scrutin pour la présidence du parti Les Républicains, son rival, Laurent Wauquiez, estime que la tendance est « en train de s’inverser ». Encore persuadé qu’il va « gagner », le député de Haute-Loire multiplie les meetings dans l’objectif d’engranger des soutiens populaires, alors que les ténors du parti lui ont déjà préféré le ministre de l’Intérieur.
Pour Laurent Wauquiez, peu importent les pronostics et autres sondages qui le donnent perdant face à son rival, Bruno Retailleau. « Là où il ne faut absolument pas se tromper, c’est que je suis sûr que je vais gagner. […] Je suis dans un tempérament de conquérant », martèle le député de Haute-Loire, candidat à la présidence du parti Les Républicains, dans un entretien à l’AFP publié ce dimanche 30 mars.
Ainsi, à un mois et demi du congrès des 17 et 18 mai qui doit désigner le nouveau patron du parti, Laurent Wauquiez se dit persuadé que la tendance est « en train de s’inverser ». Et pour concrétiser son succès – selon lui – à venir, il est revenu ce samedi 29 mars dans son fief du Puy-en-Velay, accompagné de sa mère, de sa femme et de son fils, afin de puiser « l’énergie pour la suite » auprès de quelque 500 sympathisants.
« Je ne suis pas du tout dans l’idée où je me dis que je suis au fond du trou et que je viens me remonter le moral au Puy-en-Velay », prévient-il cependant, après un meeting où il s’est félicité de « la forte hausse » du nombre d’adhérents dans le département, passé selon ses calculs de « 200 à 1 400 » depuis la mi-février. Il espère atteindre les « 2 000 adhésions » dans les prochaines semaines. Rappelons que le vote est ouvert aux adhérents du parti qui auront pris leur carte avant le 17 avril.
Vers un « scénario Balladur-Chirac » ?
S’il admet une « gigantesque vague » en faveur de l’actuel ministre de l’Intérieur, qui a annoncé sa candidature avant lui le 12 février dernier, Laurent Wauquiez le maintient : « Les choses sont en train de se retourner. » L’élu n’hésite pas à pronostiquer « un scénario Balladur-Chirac » comme en 1995 qui, au final, lui sera favorable. « Petit à petit, les gens sont en train de comprendre que Bruno Retailleau n’a pas le temps de faire campagne et qu’il n’aura pas le temps de s’occuper ensuite du parti », soutient-il.
Pourtant, son adversaire a déjà engrangé les soutiens de quasiment tous les ténors nationaux des Républicains – le dernier en date étant l’ancien Premier ministre Michel Barnier – et a gagné en popularité depuis son arrivée place Beauvau en septembre. Bruno Retailleau a même été désigné « personnalité politique de l’année 2024 » par le jury du Prix du Trombinoscope. Mais Laurent Wauquiez ne s’estime pas vaincu pour autant. « Le message de Bruno Retailleau, c’est : ‘Je suis le meilleur dans les sondages, mettez-moi à la tête du parti’. Mais ce n’est pas ça, ce que veulent les Français. Ils veulent qu’il fasse son job de ministre de l’Intérieur et nos adhérents, eux, veulent quelqu’un qui s’occupe d’eux », insiste le député.