En réponse à un ordre exécutif signé par le président américain Donald Trump, la confidentialité des documents liés à l’assassinat de trois personnalités politiques américaines, à savoir John Kennedy, son frère Robert et le prédicateur Martin Luther King (rien n’a encore été révélé sur Malcolm X), a été levée.
La personnalité la plus célèbre parmi celles-ci (toutes célèbres) est John Kennedy, le 35e président des États-Unis, assassiné par Lee Harvey Oswald alors qu’il circulait avec sa femme Jacqueline dans une voiture décapotable pendant une parade dans une rue de Dallas, au Texas, le 22 novembre 1963.
Questions brûlantes
John Kennedy a été assassiné 62 ans après le dernier assassinat d’un président américain, celui de William McKinley le 14 septembre 1901. Avant cela, il y avait deux autres assassinats : le plus célèbre, celui d’Abraham Lincoln (1865), et celui de James Garfield (1881). Tandis qu’il n’a pas été prouvé que les meurtres de McKinley et Garfield étaient politiques, l’assassinat de Lincoln était de nature politique, car il avait remporté la guerre de la libération des esclaves, qui a duré quatre ans (1861-1865), ce qui avait suscité de nombreuses protestations de différentes sources.
Cependant, l’assassinat de Kennedy a donné lieu à de nombreuses énigmes, explications et accusations : qui était derrière le crime ? Qui a payé pour l’assassinat d’Oswald ? Est-il vrai qu’Oswald n’était pas seul et que les balles fatales n’étaient peut-être pas tirées de son fusil ? Qui était responsable : le FBI ? la CIA ? l’État profond ? un pays étranger ? Et bien sûr, pourquoi ?
Tous ces sujets n’ont pas échappé au cinéma, qui leur a consacré des œuvres documentaires et dramatiques, dont plus de 30 films depuis lors.
De nombreuses conspirations
Le film le plus célèbre à ce sujet est « JFK », réalisé par Oliver Stone à l’apogée de sa carrière en 1991. C’est un film qui, avec un style documentaire, présente les possibilités et théories du complot à travers les enquêtes du procureur Jim Garrison, joué par Kevin Costner. L’intention du réalisateur n’est pas de pointer du doigt un seul responsable, mais plutôt de proposer plusieurs théories du complot, chacune étant sujette à débat, voire à la crédibilité. Cependant, une chose ressort clairement : l’enquête officielle cachait plus qu’elle ne révélait, ce qui empêche de lui accorder pleinement confiance.
Le parcours de Stone passe par toutes ces étapes, comme s’il voulait suggérer que la vérité manquait, soutenant ainsi son point de vue selon lequel les rapports officiels sur l’incident n’étaient ni suffisants ni honnêtes.
En tout cas, l’effort du réalisateur est impressionnant, rassemblant en trois heures et quart toutes les conclusions possibles et tous les scénarios envisageables, sans privilégier une théorie par rapport à une autre.
Avant ce film, David Miller avait réalisé en 1973 un film intitulé « Executive Action ». Dans ce film, le réalisateur ne tente pas de contourner le sujet, mais explore l’idée que l’assassinat de Kennedy a été planifié par des forces politiques gouvernementales cherchant à se débarrasser de lui pour des raisons personnelles.
Une accusation similaire est au cœur du film documentaire « JFK: The Case for Conspiracy » réalisé par Robert J. Groden en 1993. Ce film suit les démarches du procureur Garrison, qui explore l’hypothèse que l’assassinat était une conspiration gouvernementale exécutée avec précision et succès. Ce qui est intéressant dans ce film, c’est qu’il nous présente des extraits du rapport officiel sur l’incident et remet en question sa véracité, contredisant certaines affirmations officielles ou, dans certaines scènes, semant le doute sur ce que prétendent ces rapports.
Procès fictif
Dans « The Trial of Lee Harvey Oswald » de David Greene (1977), le film se rapproche de la spéculation à chaque scène. Greene imagine un procès qui n’a jamais eu lieu, car Oswald a été assassiné avant d’être jugé. Le film imagine ce que l’issue du procès aurait été, comment Oswald aurait pu se défendre et révéler les parties qui l’avaient manipulé.
Bien que ce film soit totalement fictif, cela ne l’empêche pas d’avoir une place particulière parmi ceux qui traitent de ce sujet. Cette caractéristique lui confère justement sa force, car il fait dire à Oswald ce qu’il aurait pu dire, dévoilant ainsi des vérités cachées.
Jack Ruby, celui qui a tué Oswald, a également été le sujet d’au moins deux films, « Ruby and Oswald » de Mel Stewart (1978) et « Ruby » de John Mackenzie. Ce dernier ouvre une nouvelle perspective sur le sujet, en se concentrant sur celui qui a tué Oswald et les raisons de son acte. Bien qu’il défende l’idée de « JFK », ce film ne parle pas vraiment du président, mais de Ruby, qui connaissait Oswald avant l’assassinat de Kennedy.
Un autre réalisateur, David Mackenzie, a réalisé en 1999 un film intitulé « The Secret KGB: JFK Assassination Files », suggérant que les services de renseignement russes étaient derrière l’assassinat.
Ce film s’oppose à celui de Rob Reiner, « LBJ » (2016), qui insinue que le président qui a succédé à Kennedy, Lyndon B. Johnson, était en conflit constant avec lui et pourrait avoir été impliqué dans sa disparition.
Enfin, pour ceux qui souhaitent stimuler leur imagination, le réalisateur allemand Wolfgang Petersen a créé « In the Line of Duty » (1993). Ce film n’est pas sur John Kennedy, mais sur l’un de ses gardes du corps (Clint Eastwood), qui se sent responsable de l’échec de la protection du président et qui, désormais, doit faire face à un autre complot pour assassiner un nouveau président, et tenter d’accomplir ce qu’il n’a pas pu faire auparavant.