Dans la nuit du 22 au 23 mars, un pan du pont romain de Talavera de la Reina, dans le centre de l’Espagne, s’est écroulé sous la pression des eaux gonflées du Tage. Ce monument emblématique, datant du XVe siècle et reposant sur des fondations antiques, n’a pas résisté à la violence des intempéries qui frappent le pays depuis plusieurs semaines. « C’est un jour terrible pour l’histoire de Talavera », a réagi sur X le maire de la ville, José Julián Gregorio. Selon la mairie, le pont avait été restauré pour la dernière fois en 2002.
L’Espagne est confrontée à une succession de dépressions météorologiques qui provoquent de fortes pluies et inondations dans plusieurs régions. Dimanche, la dépression Martinho, quatrième en deux semaines, poursuivait ses effets sur le pays. Comme l’a indiqué la Confédération hydrographique du Tage dans un rapport cité par l’AFP, pas moins de 19 réservoirs ont été contraints de relâcher de l’eau pour éviter la surcharge, ce qui a contribué à la montée spectaculaire du fleuve.
Les dégâts constatés à Talavera surviennent dans un contexte tendu. Des villes voisines comme Avila, Ségovie ou Tolède surveillent de près le niveau de leurs cours d’eau. Selon l’AFP, au moment de l’effondrement, le pont était déjà fermé à la circulation en raison de la montée des eaux. Les images relayées sur les réseaux sociaux montrent des arches emportées, cédant sous la force du courant.
En parallèle, d’autres drames liés au mauvais temps ont frappé le pays. La tempête Laurence, qui s’est abattue plus tôt dans la semaine, avait déjà fait trois morts et un disparu. Samedi, trois alpinistes ont également perdu la vie dans la région du Moncayo, dans le nord-est de l’Espagne. Dix régions restaient encore en état d’alerte dimanche, selon les autorités.