Dope Girls : Londres, les années folles côté femmes et clubs clandestins

Dope Girls : Londres, les années folles côté femmes et clubs clandestins

Entre quête de liberté, trafic de drogue et contre-culture naissante, Dope Girls plonge le spectateur dans le Londres trouble des années 1920. Cette nouvelle mini-série britannique, diffusée depuis le 20 mars sur Canal+, s’inspire d’une histoire vraie, celle de Kate Meyrick, surnommée “la reine des night-clubs”. Dans un décor de ruelles sombres et de clubs enfumés, elle retrace le destin de femmes qui refusent de rentrer dans le rang après la Première Guerre mondiale et cherchent à s’imposer dans un monde dominé par les hommes.

Portée par Julianne Nicholson dans le rôle principal de Kate Galloway — personnage librement inspiré de Meyrick — la série suit une mère veuve et endettée qui trouve dans les boîtes de nuit de Soho un nouveau moyen de survivre. Loin d’un simple décor, ce Londres interlope devient un théâtre de tensions sociales, où la prohibition des drogues et l’essor des trafics sous couvert du Dangerous Drugs Act alimentent un climat électrique. Autre personnage central, Violet Davies (Eliza Scanlen), l’une des premières femmes policières, est chargée d’infiltrer ces lieux clandestins, au risque d’y perdre ses repères.

Écrite par la dramaturge Polly Stenham, Dope Girls s’ancre dans un moment de bascule historique : alors que la guerre a bouleversé les rôles genrés, certaines femmes refusent de renoncer à leur autonomie fraîchement acquise. La série décrit avec réalisme le quotidien d’une société fracturée, où la liberté s’achète parfois au prix de la clandestinité. Si l’intrigue prend des libertés avec la réalité, elle puise dans le livre de Marek Kohn, Dope Girls: The Birth of the British Drug Underground (1992), pour restituer l’atmosphère sulfureuse et les scandales autour des drogues de l’époque.

Avec ses allures de thriller d’époque et son esthétique léchée, la série évoque Peaky Blinders par son ambiance et sa tension, mais choisit un angle résolument féminin. Derrière le glamour des clubs, Dope Girls interroge les lignes de fracture entre morale, pouvoir et émancipation — et offre un portrait singulier d’une époque en mutation.

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