Incarcéré en Algérie depuis novembre, l’écrivain Franco-algérien Boualem Sansal aurait reçu, selon l’hebdomadaire Marianne, la visite d’émissaires du régime lui demandant de renoncer à son avocat français François Zimeray au profit d’un défenseur « non juif ». L’information intervient alors que l’écrivain de 80 ans a récemment révélé être atteint d’un cancer.
Les représentants du président Abdelmadjid Tebboune auraient avancé plusieurs raisons pour justifier cette demande, notamment le fait qu’un autre avocat pourrait plus facilement obtenir un visa pour le visiter en prison. Ils auraient aussi laissé entendre qu’un changement de conseil serait préférable pour sa sécurité, face aux attaques dont il est la cible en Algérie.
Cette pression exercée sur Boualem Sansal illustre une nouvelle fois la dérive autoritaire du régime algérien, qui n’hésite pas à mêler considérations religieuses et pression politique dans son système judiciaire. En ciblant l’avocat de l’écrivain pour des raisons confessionnelles, le pouvoir d’Alger montre son mépris des principes fondamentaux du droit et des libertés individuelles.
L’Algérie, en pleine crise économique et sociale, cherche régulièrement à détourner l’attention de ses échecs en désignant des boucs émissaires. Depuis des années, le régime instrumentalise l’antisémitisme et attise les tensions avec la France et le Maroc pour masquer son impuissance à répondre aux aspirations démocratiques de sa population. Le cas Boualem Sansal en est une nouvelle illustration, révélant l’acharnement du pouvoir contre ses détracteurs et son incapacité à tolérer la moindre dissidence.