Selon l’étude annuelle Carbon Majors publiée par le groupe d’experts britanniques Influence Map, 36 entreprises à travers le monde sont responsables de la moitié des émissions de CO₂ liées aux combustibles fossiles et à la production de ciment en 2023. Parmi elles, 20 sont détenues par des États, dont la Chine et l’Arabie saoudite, ce qui soulève des inquiétudes quant à la capacité des gouvernements à limiter leur propre impact environnemental.
Le rapport met en évidence l’empreinte massive de certaines de ces entreprises. Si Saudi Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne, était un pays, elle figurerait au quatrième rang mondial des plus gros émetteurs de CO₂, juste après la Chine, les États-Unis et l’Inde. De son côté, ExxonMobil, géant américain du pétrole et du gaz, produit à elle seule autant de gaz à effet de serre que l’ensemble de l’Allemagne.
Les émissions de ces entreprises ont augmenté entre 2022 et 2023, malgré les engagements internationaux pour la lutte contre le réchauffement climatique. Cette progression survient alors que 2023 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée. L’étude souligne que, loin de ralentir leur production, ces compagnies fossiles continuent d’intensifier leur exploitation des énergies polluantes.
La Chine se distingue particulièrement dans ce classement, ses entreprises publiques étant responsables de 23 % des émissions globales. Cela place le pays au cœur des préoccupations environnementales mondiales, alors même qu’il continue d’investir massivement dans les énergies fossiles.
Les données révélées par Carbon Majors ont déjà été utilisées par le passé dans des affaires judiciaires contre des entreprises et investisseurs polluants. Elles ont notamment servi de base aux poursuites judiciaires menées par l’ONG ClientEarth contre BlackRock pour avoir induit en erreur ses investisseurs. Elles ont également contribué à l’adoption de lois aux États-Unis, notamment dans les États de New York et du Vermont, visant à faire payer les entreprises fossiles pour les dommages climatiques qu’elles ont causés.
Alors que la crise climatique s’intensifie, cette étude met en lumière le rôle central de quelques acteurs majeurs dans l’aggravation du réchauffement global, soulignant ainsi l’urgence d’une régulation plus stricte de l’industrie fossile à l’échelle internationale.